Retour en Catalogne. Le monastère de Santes Creus est cistercien comme plusieurs autres dans le même secteur. Il ne reste cependant pas grand-chose de l'esthétique originelle. Le gothique est passé par là. L'arrivée dans le site est assez majestueuse. Un grande cour bordée de beaux bâtiments avec, au fond, la façade de l'église, fortifiée comme on le voit. Les monastères ont souvent excité la convoitise des pillards. D'autant plus que plus cette église renferme les tombeaux de plusieurs rois d'Aragon.
Dans un des bâtiments civils, un joli petit cloître privé.
Le grand cloître, sans ornement à l'origine, a été modernisé au XIV ème siècle. Ils ont dû penser que l'esthétique cistercienne, dont nous admirons le dépouillement, était un peu trop rustique.
Encore une originalité : les deux personnages que des anges aident à sortir du tombeau au pied du Christ sont Adam et Ève. Vont-ils s'asseoir à la droite du Seigneur ? Ce serait une bonne nouvelle !
L'église, elle, est restée très dépouillée.
Toutes ces émotions esthétiques nous ayant donné faim, nous choisissons, au hasard, un des restaurants du village, la Catalunya. Pour y faire une expérience rare et imprévue.
D'abord la carafe de vin, utilisable de deux façons.
Et ensuite les calçots.
Comment, vous ne connaissez pas les calçots ?
Les calçots sont un hybride de poireau et d'oignon.
On les grille sur un feu de sarment et on les sert, tout noirs et tièdes.
Il faut d'abord les éplucher pour ôter les feuilles noircies du tour. On nage dans le carbone.
On obtient un long machin à peu près nettoyé.
On le trempe dans une sauce délicieuse.
Et on essaie de manger ça proprement. En fait c'est impossible. On a du noir partout, on met de la sauce plein la nappe, mais comme le restaurant nous a fourni un bavoir, les vêtements s'en sortent à peu près. J'oubliais le principal : c'est délicieux. À tenter, uniquement au mois de février, dans certains villages catalans.









