mardi 23 janvier 2018

Teruel

Deux grande découvertes aujourd'hui à Teruel. Tout d'abord les amants de Teruel qui, contrairement à Roméo et Juliette ont existé, le carbone 14 l'a prouvé.
Voici l'histoire : au XII ème siècle, Isabella et Diego s'aimaient. Las, leur familles ne voulaient pas entendre parler de mariage. Diego part à la guerre pour faire fortune (ça laisse rêveur) quand il revient Isabelle va épouser un quidam dont l'histoire n'a pas retenu le nom. Diego réclame un baiser qui lui est refusé. Il meurt de douleur (ça laisse rêveur aussi). Là-dessus Isabella meurt également de douleur. 
Pendant quelques siècles les gens de Teruel se transmettent l'histoire. Un jour on retrouve deux momies couchées dans le même cercueil. Sont-ce nos amants ? Oui car encore quelques siècles plus tard le carbone 14 prouve que les corps datent bien du XII ème siècle. Toujours au XX ème siècle un sculpteur crée les deux gisants  de la photo sous lesquels on a placé les deux momies. Leurs mains tentent de se rejoindre sans y parvenir. Un amour éternel et impossible. C'est trop beau. L'épisode a suscité une abondante floraison de poèmes et de romans. Dont celui de Tirso de Molina, l'inventeur de Don Juan.




Cette belle histoire nous a rendu tout chose.


Deuxième découverte : l'art mudejar. Les mudejars sont les musulmans qui ont décidé de rester vivre dans les royaumes chrétiens au moment du reflux de la vague de conquête arabe. Comme il y avait parmi eux d'excellent constructeurs et artistes, les seigneurs chrétiens les ont employés pour embellir les monuments. Le style mudéjar est un agréable mélange d'art islamique et d'art roman ou gothique. 







 Comme on le voit les qualités de la briques sont utilisées avec brio pour créer des décorations.




Ici on ne voit pas grand chose. C'est le plafond à caissons de la cathédrale. Le genre de chose qu'on voit habituellement dans les médersas au Maroc ou ailleurs.



Une tour dans laquelle nous ne sommes pas montés




Mais dans celle-ci, oui. Au sommet il y a des cloches.  Non, pas nous, des vraies cloches,  qui sonnent. Et il ne fait pas chaud. Teruel est à 900 m d'altitude. 


Le style mudéjar a tellement plu aux habitants qu'il y a même eu du néo mudejar au début du XXème. Comme cet escalier qui relie le centre ancien à une partie située très en contre-bas.




Le campement à Elbarracin. Dans un camping fermé qui nous accueillis quand même. On a de l'eau et de l'électricité. Et il ne fait toujours pas chaud. 0° la nuit nous a dit la dame.



Cependant l'absence de vent a permis à  Jagato de s'installer confortablement. C'est pas dommage car depuis le début il souffre un peu.
Pendant ce temps Cathy et moi sommes parties à la recherche  d'un coiffeur. Enfin de la coiffeuse. Elle nous prend demain pour un shampooing, le lavage des cheveux n'étant pas très facile dans les camions. 
J'ai oublié de dire le plus important : hier nous avons fait 14 587 pas et aujourd'hui 13 217. Du coup on est encore allés au restau à midi. 

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